Quintus Fabius Maximus fut cinq fois consul, deux fois dictateur. Il sauva Rome à l’un des tournants les plus noirs de son histoire, et il le fit en refusant la bataille rangée. Sa mémoire est celle d’une victoire qui n’eut pas lieu, et c’est sans doute pour cela qu’elle dure encore.
Quintus Fabius Maximus : Le Verruqueux

Une verrue, à la lèvre supérieure. C’est ce que Rome retint de Quintus Fabius Maximus : une petite marque du corps, dont elle fit son nom. Cela ne dura pas.
Verrucosus, le verruqueux. À l’enfant patrice qui se réclamait d’Hercule, la cité offrit un sobriquet d’esclave et un second pour aller avec, Ovicula, la petite brebis, donné en raison de son tempérament tranquille et silencieux.
Sa lenteur, sa patience, sa docilité le faisaient passer, parfois à tort, pour un sot. Rien dans l’enfance ne laissait soupçonner qu’on aurait un jour besoin de lui.
Et pourtant. Chaque fois que Rome eut une charge à donner, elle pensa à lui.
Questeur dans sa jeunesse, édile, consul avant la guerre d’Hannibal, censeur dans les années calmes qui séparaient les deux puniques : la cité lui ouvrit les portes que ses sobriquets semblaient lui fermer.
Et derrière les magistratures, il portait depuis des décennies l’augurat : ce sacerdoce où l’on consulte les signes, où le silence et la patience sont la matière même de l’office. Ce que la rue moquait, le temple le reconnaissait. Restait à savoir si Rome le reconnaîtrait, elle aussi, à temps.
Quintus Fabius Maximus : de silencieux à sauveur de Rome
Les causes de sa légende
Quintus Fabius Maximus n’est pas devenu célèbre par hasard, évidemment. Il est indispensable de garder en mémoire à la fois ses traits de caractères qui ont façonnés sa vie, mais tout autant les erreurs commises par d’autre.
Je cite en exemple le regretté Caius Flaminius Nepos (né en -261 av. J.-C., mort en -217 av. J.-C.), élu consul pour la deuxième fois en -217 av. J.-C. ayant eu lui aussi ses réussites pour la grandeur de Rome. Cependant, ses traits de caractères lui faisaient défaut. Impétueux et impatient dira Tite-Live, ou encore infatué et audacieux plus qu’intelligent, dira Polype dans ses histoires. Cet adversaire politique envers les conservateurs (il fera passer des lois que l’on jugerait de nos jours progressistes comme la lex Famina de agro Gallico, la lex Claudia), sellera le destin de Quintus par ses erreurs tactiques et stratégiques face à Hannibal lors de la deuxième guerre punique, laquelle lui coûtera la vie et celle de bon nombre de ses élites et soldats.
La bataille du lac Trasimène
Cet événement majeur est connu est bien sourcé. C’est en -217 av. J.-C., le 21 juin, lors de la deuxième bataille punique qui opposa les carthaginois à Rome que Caius Flaminius Nepos connu une cuisante défaite et une mort certaine.



